vendredi 20 avril 2018

J'ai avalé un arc-en-ciel / Erwan Ji. Nathan



L'avis de Marie-Lucie 

C'est l'histoire de Capucine, "Puce" pour les intimes. Elle vit aux Etats-Unis (♥) et elle nous raconte sa vie dans un blog qu'elle écrit en français. Oups!, j'ai oublié de préciser que Puce est française avec un accent de Montpellier (argh!). Dans son blog elle parle de tout , de sa vie, sa famille, ses amis, ses amours. Il y aura des hauts et des bas mais au final, il va arriver dans sa vie quelque chose de phénoménal, notamment quelqu'un qui va débarquer. Non je n'en dis pas plu ! Lisez donc.
C'était génial parce que l'histoire est inattendue et même si on a tendance à deviner la fin, on a qu'une seule envie, c'est de finir le livre pour être sûr que c'est bien ça qui va arriver.

L'avis de Juliette:
Capucine, une franco-américaine, se prépare à faire sa rentrée pour sa dernière année de lycée. Elle n’a qu’une hâte, pouvoir bénéficier de tous les privilèges des seniors, notamment participer à la grande compétition de pistolets à eau de fin d’année ou de bénéficier parfois de plus d’indulgence de la part des surveillants qui les connaissent bien. Mais ses projets vont être bouleversés par l’arrivée d’une nouvelle élève, Aiden. Capucine va alors éprouver des sentiments qu’elle n’aurait jamais cru ressentir un jour…

Ce roman a reçu beaucoup de critiques positives. Dans la bibliothèque où j’ai été l’emprunter, il était même classé « coup de cœur des ados ». J’étais cependant tombée sur les vidéos de deux booktubeuses, Mx Cordélia et Audrey-Le souffle des mots, qui n’avaient pas apprécié leur lecture. Alors, en voyant ces avis si divergents, j’ai décidé de me faire ma propre opinion sur ce roman.
 L’histoire est moins pire que ce que je craignais. Mais je reste mitigée sur plusieurs points.

Tout d’abord la représentation du lycée américain. Cette vision semble très idéalisée. Le lycée est pour des adolescents bourgeois ce qui permet aux élèves d’avoir un Macbook offert en début d’année, sans oublier le nombre incroyable de fêtes organisées (presque chaque semaine). Pour couronner le tout, les professeurs sont attentifs et plutôt bienveillants.

J’ai peine à croire que tout soit si rose ! Cette vision ressemble à celle que l’on peut avoir d’un point de vue extérieur, en regardant des séries par exemple. De plus, l’héroïne affirme également au début du livre qu’il n’y a pas de harcèlement dans son établissement. Mais, comme l’a signalé Mx Cordélia dans sa vidéo, elle se fait bel et bien harcelée par deux filles qui menacent de révéler son amour pour Aiden.

Ensuite, j’ai eu dû mal à apprécier le personnage de Capucine. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’auteur nous mentait presque à son sujet, en la présentant comme une jeune fille « moins riche que ses camarades » alors qu’elle habite dans une maison, dispose de nombreuses paires de chaussures, a le permis et part en vacances en France par exemple.

Ensuite, elle se définit comme une élève pas véritablement « populaire », mais tous les garçons de son lycée semblent être obnubilée par elle et la jeune fille a été élue avec son ex-petit ami « plus beau couple de l’année ». Si ce n’est pas être populaire, je ne sais pas comment définir cela.

Ce souci m’amène à en évoquer un second : l’idée des clans dans le lycée de Capucine. Elle ne cesse d’évoquer les Artistes, les Nerds, les Populaires. Cette division des élèves m’a semblé extrêmement peu crédible. Certes, l’histoire se déroule en Amérique et non pas en France, mais j’ai du mal à imaginer comment les élèves peuvent se regrouper à ce point par affinités. Normalement, les classes sont fixes. De plus, il est normal dans un groupe d’amis que chacun ait ses propres goûts, pourquoi vouloir imposer une étiquette réductrice à ces personnages ? J’ai trouvé que cela faisait perdre de l’épaisseur à l’intrigue et véhiculait des stéréotypes détestables.

Il y a eu également des moments qui m’ont mis assez mal à l’aise, notamment certaines blagues ou remarques que fait l’héroïne. Cordélia a déjà évoqué la culture du viol dans sa vidéo, mais j’aimerai également mentionner ce qui me semble être du racisme ordinaire. A deux reprises Capucine évoque deux élèves d’origine chinoise qui portent par hasard le même nom de famille. Tout d’abord, elle ne cesse de faire des plaisanteries à ce sujet en évoquant un possible mariage et affirme  qu’on ne voit pas bien leurs yeux car ils sont bridés. Ces phrases, qui sont très anodines, m’ont fait réagir, car je n’ai pas trouvé cela approprié. Je ne sais pas pourquoi l’auteur a fait faire ce genre de remarques à son personnage.

Etrangement, la compétition de pistolets à eau de fin d’année m’a fait sortir de ma zone de confort Le jeu s’appelle les Assassins. La règle du jeu est simple, chaque senior reçoit le nom d’une personne à « tuer ». S’il touche sa cible, il hérite de celle de son adversaire. Le but est qu’il ne reste qu’une personne. Sur le principe, cela peut paraître amusant, mais j’ai immédiatement pensé aux nombreuses tueries qui ont eu lieu dans les écoles américaines à cause des armes à feu. Faire jouer les protagonistes à ce jeu, (qui ne semble pas exister dans la réalité) m’a semblé presque indécent.

Enfin, j’aimerais évoquer le traitement de l’homosexualité dans le roman. J’ai trouvé le couple d’Aiden et Capucine assez mignon, c’est d’ailleurs l’un des seuls aspects que j’ai apprécié dans ma lecture. Je trouve également que le dilemme de l’héroïne, la négation de son attirance pour la jeune femme, est bien retranscrit. Cependant, J’ai avalé un arc-en-ciel ne nous permet pas de nous renseigner véritablement sur la communauté LGBT+.

En effet, comme l’a signalé Cordélia dans sa vidéo, Capucine est bisexuelle. Or le terme n’est pas écrit une seule fois dans le roman. Cela peut s’expliquer par le fait que la jeune fille nie son attirance pour les filles, mais j’aurais préféré que l’auteur soit plus clair sur la question, notamment pour les lecteurs assez jeunes. Je pense que ce livre peut se lire à partir de 13 ans.

Or à cet âge, je n’étais pas encore au clair sur les différentes orientations sexuelles. Je connaissais évidemment l’hétérosexualité et l’homosexualité, mais j’étais assez perdue entre les transsexuels, les bisexuels etc. Ces termes étaient assez flous pour moi, et cette histoire ne nous permet pas d’en apprendre davantage, alors que Capucine aurait pu obtenir des renseignements via Aiden, qui semble mieux accepter le fait qu’elle soit lesbienne.

A un moment du récit, l’héroïne évoque l’existence d’un club LGBT dans son lycée. Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas fait aller Capucine en secret à ce rendez-vous pour s’informer ? Bref, toujours est-il que pour un roman adolescent qui traite de l’homosexualité, j’ai trouvé que le sujet restait un peu en surface, il aurait mérité d’être davantage creusé.


Je ne vous recommande donc pas J’ai avalé un arc en ciel car je trouve que les défauts de ce roman sont trop dérangeants pour être ignorés. Néanmoins, si vous souhaitez lire des romans traitant de l’homosexualité, je vous conseille d’aller sur la chaîne de Mx Cordélia qui propose un panel large de livre LGBT+.

Retrouvez ICI l'avis de Ricochet et LA, les autres chroniques de Juliette

mardi 17 avril 2018

Shadow Magic / Joshua Khan. Editions du Seuil


L'avis de Juliette :

Depuis plusieurs siècles, six maisons de magie se partagent le monde. Chacune d'entre elles contrôlent un élément : l'eau, la terre, le feu, l'air, la lumière et les ténèbres. 

Lilith Ombreuse n'était pas destinée à gouverner le royaume de Géhenne. Et pourtant, depuis l'assassinat de ses parents et de son frère, la voici seule héritière de la maison Ombreuse. Mais comment maintenir l'ordre lorsque la magie est interdite aux femmes et que l'on est destinée à épouser le fils de la maison Solaire, les ennemis jurés des Ombreuse ?

 Avec Ronce, un jeune paysan devenu écuyer et K'leef, un prince du Sultanat du Feu otage des Solaire, Lilith apprendra à braver bien des interdits. Elle ne pourra compter que sur elle même et sur ses nouveaux amis pour empêcher que le complot qui a tué sa famille ne l'emporte, elle et son royaume.

J'ai adoré ce livre. Lorsque je l'ai commencé, je n'ai pas réussi à le lâcher. Les personnages sont attachants, bien décrits et l'écriture est fluide et limpide. J'ai eu un coup de coeur pour Lilith (vous comprendrez sûrement pourquoi en lisant Shadow Magic) qui est pour moi, le meilleur personnage du livre. J'ai très hâte de lire les prochains tomes !

Pour lire un extrait, c'est ICI

mardi 10 avril 2018

Où sont les filles? / Claire Renaud. Sarbacane (Pépix)

L'avis de Diana :
La vie sans garçon c'est nul !

Sur la couverture, il y a une fille, Ondine entourée de garçons.
Cette couverture décrit bien ce qu'il va se passer car Ondine va être la seule fille du monde.

Ondine, 9 ans vit avec sa soeur, sa mère et sa grand-mère. 
Que des filles ! Elle est drôle, aime les jeux de garçons. On se sent proche d'elle. Mais un jour un garçon arrive (garçon qu'elle n'avait pas remarqué avant). Comment faire pour l'aborder ?
Le lendemain, il n'y a plus aucune fille à part elle. Elles  Est-ce un coup de Mistress Smith ? Les filles vont-être réapparaître ?

 Si vous avez entre 9 et 13 ans, ce livre vous plaira sûrement.


Vous pouvez retrouver ICI, l'avis de  PAGE des libraires

mardi 3 avril 2018

Les cancres de Rousseau / Insa Sané. Sarbacane (Exprim')

L'avis de fatma:

Djiraël est en terminale ES et cette année va être son année.
En effet il retrouve dans la même classe ses amis de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz. En plus, le prof principal, c’est Monsieur Fèvre. Le seul prof à s’intéresser à eux… Il ne manque au bonheur de Djiraël qu’un baiser de sa bien aimée Tatiana, la reine de son cœur. Mais rien ne se passe comme prévu.Car dans la drôle de vie Djiraël, les aventures vont s’enchaîner avec une bonne dose de comédie !
Le nouveau livre d’Insa Sané est donc dans la continuité des quatre premiers volumes de la 
« Comédie urbaine » Sarcelles-Dakar, Du plomb dans le crâne, Gueule de bois,Daddy est mort (ils peuvent se lire en désordre).
Insa Sané est né a Dakar d’origine Sénégalaise. ll a vécu à Sarcelles et Saint-Denis et puise son inspiration dans ces villes. Il a d'abord fait une carrière de slameur, ensuite de la comédie et enfin écrivain.
Ce que j’apprécie dans les cancres de Rousseau, c’est la légèreté de l’écriture surtout dans des sujets difficiles comme les problèmes de famille, l’abandon, le décrochage scolaire, la discrimination etc..
Ensuite je pense que l’auteur joue très bien avec les personnages. Par exemple des caractères qui sont à la fois antagonistes et qui se complètent au fil des pages, apportent une vraie consistance à l’histoire. Enfin, le plus important selon moi, c’est la petite touche d’humour et la narration qui est très aboutie. On rentre directement dans l’histoire.
Conclusion à lire absolument !!!!! 




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